بانوراما



Langage et Dictature - Essai philosophique de Sarhan Dhouib

16-12-2018 14:10:22

Collection sous la direction de Sarhan Dhouib: Penser l´injustice dans une perspective transculturelle.

 Premier volume : Langage et Dictature. Formes de la parole, modes du silence (Velbrück 2018)

Ce premier volume présente les résultats d´un projet de recherche initié et dirigé par Dr : Sarhan Dhouib de 2013 jusqu´à 2015 à l´université de Kassel. Le projet est intitulé « responsabilité, justice et culture mémorielle ». Il s´agit d´une coopération internationale entre l´Université de Kassel et l´Université de La Manouba (Tunisie), avec la participation d´autres universités marocaines (Fès et Agadir) et allemandes (Leipzig, Lüneburg, Köln etc.). Le projet était financé par le DAAD.

Les collègues (environ 30) représentent des disciplines différentes : philosophie, sciences politiques, sciences du langage, sciences de la culture, littératures allemande et arabe, ethnologie.

L´idée directrice du projet est de réfléchir tout d´abord sur les structures et les formes des systèmes politiques autoritaires (quelques pays arabes, l´Allemagne avec le NS et l´expérience du DDR, la Roumanie etc.) comme elles se reflètent dans différents discours (politique, culturel, idéologique). Il s´agit également, partant des discours littéraires (littérature carcérale par exemple en Tunisie et au Maroc), artistiques et philosophiques, d´analyser les formes de subversion présentées chez de différents auteurs (allemands et arabes) pour contrecarrer les discours autoritaires et mettre en œuvre une nouvelle conscience historique qui défend une vie en dignité et en liberté. C´est en effet la perspective interculturelle et interdisciplinaire qui anime les travaux des participants de ce groupe de recherche.

La thèse directrice de ces travaux est la suivante : le développement d´un système démocratique dépend intrinsèquement d´une réflexion permanente sur l´expérience de l´injustice (violations des droits de l´homme, expériences d´incarcération et de torture etc.) et le déploiement d´une culture mémorielle active.

La publication comprend trois volumes qui sont subsumées sous le titre « penser l´injustice dans une perspective transculturelle » : (1) Langage et Dictature. Formes de la parole, modes du silence (2018 chez Velbrück), (2) mémoire et expérience d´injustice et (3) philosopher sous la dictature. Les deux derniers volumes paraîtront en 2019 chez la même maison d´édition.

Le premier volume comprend trois chapitres. Chaque chapitre est précédé par une courte introduction qui met en valeur le caractère interdisciplinaire des travaux, dégage des parallèles entre les articles, souligne l´importance des intersections et les recoupements entre différentes analyses et cultures. Le premier volume s´achève par un graffiti (dessiné par le groupe Ahl al-Kahf sur une rue de Tunis) commenté par madame Rachida Triki – Philosophe et spécialiste de l´art à l´université de Tunis. Le graffiti assure le passage au second volume.

Le premier chapitre présente des analyses sur les stratégies de normalisation et de règlementation du langage (et du silence) dans les systèmes autoritaires. Elles dégagent le rapport entre la formation du langage et les pouvoirs politiques. Les analyses ont une portée théorique et pratique qui dévoilent le fonctionnement des discours (langage et silence) qui sont au service d´un système autoritaire (en Allemagne nazi et en Allemagne de l´est, en Europe de l´est et quelques pays arabes (Egypte, Liban, Irak, Oman et la Tunisie).

Le second chapitre aborde la question de la subversion des discours autoritaires et leurs mises en question. Comment les discours dissidents (littéraire, philosophique, les blagues politiques ironiques etc) sont capables de défier l´autoritarisme, de le mettre en question par des pratiques discursives et artistiques ? En partant de la littérature allemande sous le régime nazi (et après), de la revue Souffles au Maroc, des blagues politique sous Ben Ali en Tunisie, des exemples de la littérature syrienne (Nihad Syris et Zakariya Tamer) et égyptienne contemporaines (Sunallah Ibrahim) les auteurs analysent les stratégies de subversion et de contestation contre la répression politique, religieuse et sociale.

 

Le troisième chapitre aborde la question des pratiques contestataires et le développement de l´espace public et sous les régimes autoritaires et au cours de l´effondrement de ce système. Le chapitre présente des analyses de cette question sous le système socialiste allemand des années 70 et 80. Il analyse également, partant de la littérature carcérale en Tunisie, comment le silence a un caractère subversif. D´autres articles présentent une analyse de l´importance de la poésie de Taher ben Jalloun, de M. Nawab et du théâtre en Syrie dans la formation d´une conscience contestataire. Les derniers articles dégagent les dimensions critiques des chansons révolutionnaires en Tunisie, Lybie, Syrie, Egypte et au Yémen pendant l´effondrement des régimes autoritaires.